
|
www.RochefortsurLoire.info |
|
Rédacteur, responsable de la publication :
Michel Nouaille-Degorce, maire honoraire.
Adresse : 3 rue Grand'Cour 49190 Rochefort-sur-Loire.
contact@rochefortsurloire.info
|

|
UN CLOCHER XVIème, |
|
I - Présentation de l'étude
Les deux images ci-après montrent, sous un même angle, le clocher de Sainte-Croix de Rochefort-sur-Loire à deux cents ans d’intervalle. - Le dessin date probablement des alentours de 1800. Il présente le clocher adossé à une église orientée vers l’Est qui fut totalement remaniée en 1840 par l'architecte Bonjour. En retrait s'entrevoit le logis seigneurial des abbesses du Ronceray, châtelaine de Cour-de-Pierre.
- La photo a été prise de nos jours. Elle montre que le clocher est devenu le porche d’une église orientée vers Sud. Elle fut construite vers 1880. Le projet complet prévoyait une flèche de 34 mètres de hauteur à la place du bulbe, aussi d'encadrer la tour de deux chapelles en rotonde. Les finances ne suivirent pas, d’où des abords dans un état manifestement inachevé. Ce dessin est très crédible. Comme démontré dans un autre chapitre, son architecture de galerie Ouest quelque peu improbable reflète une situation qui exista antérieurement à 1816, alors que les arcades étaient dépourvues de garde-fous et données sur le vide. En cette année là le Conseil Municipal décida de réaliser un emmarchement et des travaux sur la galerie. Ils furent réalisés ainsi qu'en témoigne un relevé effectué en 1827 par l'architecte Villers auquel le conseil municipal avait confié une étude d'agrandissement de l'église paroissiale (ADML cote 30 AC 1 D 9). |
|
Tours carolingiennes (ms Prudence BN) |







|
Le clocher ainsi présenté est mentionné du XVIème siècle par l’arrêté du Préfet de Région du 2 février 2008 prononçant son inscription à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, en même temps d'ailleurs que celle de l'église.
Toutefois de nombreuses anomalies architecturales laissent entrevoir qu’à l’époque fut habillé un édifice existant. D’origine ce pourrait être une tour sans contreforts de 24 mètres de hauteur, de base carrée de 10,50 x 10,50 et de murs d'une épaisseur qui décroît par palier, au premier niveau 2,30 mètres, au second 1,80, au troisième 1,10. Elle remonterait pour le moins au XIIIème, peut-être même aux temps carolingiens. L’aventure de cette hypothèse est relatée dans un ouvrage paru en 2006 aux Éditions Cheminements sous le titre Un donjon de l’An 1000, pour être exact il eût fallu écrire : Un clocher, tour d’une enceinte seigneuriale du Haut Moyen Âge.
Depuis la publication de l'ouvrage de nouveaux éléments d’appréciation ont été recueillis. Aussi, après un exposé sommaire des raisons de la datation XVIème siècle, le point est-il fait ci-après par présentation successive -des modification subies depuis le XVIème par l'édifice: bulbe de la fin du XVIIème, obturation partielle des baies jumelées vers 1673, refonte de la galerie Ouest effectuée après 1816, -les détails d'architecture "sonnant" faux en regard de la datation XVIème : un contrefort d'angle monté "à pousser", un passage trop bas, des "liaisons" clocher-église et clocher-galerie supposant que l'édifice préexistait, un niveau d'église supposant l'existence d'un terre-plein, -enfin après un rappel de l'histoire du site, un essai de chronologie des avatars du clocher.
|
|
II - Arguments de la datation XVIème Les arguments pour une attribution XVIème sont apparemment : - une organisation des façades très XVIème siècle, - en clé de voûte de la chapelle devenue porche, un blason qui porte les armes de l’abbesse du Ronceray Françoise II Auvé en fonction de 1529 à 1549 (seigneur percevant la dîme, elle avait dans ses attributions les gros travaux sur l’église), -une architecture des verrières d'éclairement de cette chapelle trop dépendante de celle de la voûte pour qu’il n’y ait pas eu construction simultanée, -des contreforts d’angles très XVIème siècle, -enfin des archivoltes aussi très XVIème en couronnement des baies du beffroi. |
|
III - Les modifications subies par l'édifice du XVIème
Bulbe de la fin du XVIIème siècle
Le lundi 12 mars 1691 la toiture du clocher de l’église Sainte-Croix du temps fut emportée par un fort coup de vent. Les circonstances en sont relatées dans un procès-verbal établi par Paul Boussicaud, sieur de la Verouillère, sénéchal de la seigneurie de Cour-de-Pierre et baronnie de Rochefort y annexée (ADML cote 12 B 418) :
|
|
"Aujourd’hui, pendant qu’on célébrait la grand’messe de cette paroisse, il fit deux ventées extrêmement violentes en sorte qu'un tourbillon emporta la pyramide du clocher faite de charpente et couverte d’ardoises qui était au dessus de la tour de pierre, la jeta sur la sacristie, sur la maison où nous tenons nos audiences, la maison du geôlier et la prison, et fait un grand débris sur icelles... ... nous sommes transportés avec le procureur et François Foussier notre greffier sur la tour où étant, avec Jacques Piton, sacristain de l’église de ce lieu, avons remarqué - que la dite tour est carrée et à environ 25 pieds de dehors en dehors en tout sens, - que l’endroit où étaient les souches ou sablières qui portaient la pyramide a environ 19 ou 20 pieds en tout sens après en avoir pris les mesures, - qu’il n’a resté sur la tour aucune charpente qui composait la dite pyramide, ... en ayant mesuré les débris, nous estimons qu’elle pouvait avoir 35 pieds de long sans y comprendre la pointe et la croix qui pouvaient avoir 10 ou 12 pieds de haut. La reconstruction de la couverture du clocher fut engagée un an plus tard à s'en référer à un procès verbal du même sénéchal. Daté du mardi 4 mars 1792, il relate les conditions dans lesquelles les bois nécessaires furent trouvées dans la forêt du Lattay. Ainsi il y a certitude qu'avant 1691 la toiture du clocher était en forme de pyramide, à coyaux semble-t-il à en juger de la longueur des sablières. La section de sa base était de l'ordre de 9x9 mètres et la hauteur d'environ 11 mètres. Quant au débouché de l'escalier, les dernières marches existent toujours. Elles montrent qu'il se faisait non pas vers l'intérieur du clocher mais dans l'alignement du mur Sud... comme si elles donnaient sur un chemin de ronde ! Curieuse disposition pour un clocher en pyramide (sinon pavillon), déjà à pilastre probablement. La réalisation du bulbe s'accompagna d'une "mise en forme" de la maçonnerie d'appui des rampants par entaille du couronnement des murs, toutefois seulement en faces Est, Nord et Ouest, non en face Sud, fort probablement à cause de la sortie de la tour d'escalier, d'où ces curieux motifs qui se voient sur le couronnement du mur de face Est ; ils témoignent d'une réutilisation partielle d'éléments de l'ancienne corniche. Corollaire de la conservation du mur sud : sur cette face le bulbe était dépourvu de rampant. |
|
Baies jumelées partiellement obturées en 1673
De nos jours les baies jumelées du beffroi sont obturées jusqu'à mi-hauteur par une maçonnerie sur laquelle prennent appui deux des poutres du plancher de l'étage des cloches. Sur l'une d'elles "1673" est gravé au fer rouge. Très probablement s'agit-il de l'année de sa pose, corrélativement de l'installation de cloches à l'emplacement où il y en a de nos jours, celles d'alors ayant disparu à la Révolution. Leurs sœurs en place sont du XIXème, au nombre de trois seulement contre quatre précédemment. |
|
Où se trouvaient donc les cloches avant d'être installées à leur niveau actuel? À cette question, deux réponses semblent possibles à en juger des trous de poutraison visibles dans la maçonnerie des murs, la première: elles étaient sensiblement comme de nos jours mais avec appui sur un plancher plus bas de quelque 50 centimètres en dessous du plancher actuel, la seconde : elles étaient suspendues à des poutres de niveau avec les voussures des baies jumelées. La première hypothèse prend en compte que l'actuel plancher des cloches mord de quelque 50 centimètres sur l'accès à l'escalier, la deuxième que de graves désordres affectent les maçonneries des murs Est et Ouest au droit des voussures des baies jumelées et non loin d'ancrages de poutres disparues. Ils sont peu explicables en l'absence de vibrations campanaires d'origine proche. En fait l'une et l'autre hypothèse semblent à retenir mais en les échelonnant dans le temps. La seconde donne une explication à l'exhaussement des baies jumelées perceptible sur les quatre faces du clocher. Il y a changement d'appareil de la maçonnerie et de couleur de la pierre mise en oeuvre, ce de part et d'autre de deux trous de section carrée traversant les jambages. Sans doute fallait-il cet exhaussement pour que les cloches puissent se faire entendre aux extrémités de la paroisse (Chaume). La première, pour sa part, correspond à la situation probable des cloches en un état antérieur. D'apparence la partie ancienne des baies jumelées semble réalisée avec la même pierre que les contreforts d'angle du clocher, d'où probablement qu'elle date, ou fut remaniée, du temps de Françoise II Auvé dans les années 1530-1540. En quel cas l'exhaussement de ces baies et le transfert des cloches en position haute seraient postérieurs aux affres des guerres de religion qui de 1560 à 1600 affectèrent tout particulièrement un bourg de Rochefort dont l'église par deux fois fut prise d'assaut. Ainsi donc, contrairement à une première impression, la surélévation des baies n'est probablement pas un indice que le clocher préexistait à Françoise II Auvé.
La refonte de la galerie Ouest après 1816
La galerie Ouest est représentée d'une manière sur le dessin dit "Perrin" déjà présenté, d'une autre, très XVIème siècle sur le relevé de 1827 de l'architecte Villers (ADML cote 90 J 3099), de plus sur le dessin "Perrin" avec apparemment une anormale dénivelée entre galeries. |
|
Comme démontré par ailleurs, la différence d'un dessin à l'autre s'explique par une refonte de l'architecture de la galerie Ouest passée l'année 1816. Quant à la dénivelée, elle n'est qu'apparente. Dans un cas les arcades ont un garde-corps, dans l'autre elles n'en n'ont pas, très vraisemblablement parce que dans un temps antérieur la galerie Ouest était de plain-pied avec son environnement, donc que l'espace public situé par devant elle, rue ou esplanade, était à un niveau plus élevé qu'actuellement.. Des logis XVème font face. Leur observation attentive montre qu'il en fut bien ainsi.
Corollaire de cette galerie Ouest d'architecture antérieure au XVIème siècle, l'église dans son dimensionnement de 1827 était elle aussi antérieure au XVIème. Dans le cas contraire, cette galerie Ouest eût été traitée architecturalement comme la galerie Nord, elle visiblement du XVIème.
IV – Les détails qui "sonnent faux"
La liaison église-clocher |
|
Vue depuis l'intérieur de l'actuelle église la liaison église-clocher se fait par un bel arc ogival tout à fait en harmonie avec les verrières et la voûte de la chapelle devenue porche. Or depuis le clocher que ne découvre-t-on pas sur le mur de surplomb de cet arc ogival du XVIème? Des baies jumelées surélevées de 30 ou 50 centimètres. Une seule explication possible: elles préexistaient au XVIème. En l'absence d'un exhaussement de leur assise, elles auraient été partiellement masquées par le faîtage du transept que l'on réalisait pour relier la nef à la chapelle qui s'aménageait sous le clocher. C'eût été d'un très mauvais effet. Un problème similaire se posa d'ailleurs lors de la réalisation de l'actuelle église. Comme le montre la reproduction de calque ci-jointe, le projet adopté en 1875 prévoyait une couverture de nef qui aurait camouflé la plus grande partie des baies jumelées de la face église. La réalisation fut autre. La nef fut surélevée. De nos jours les baies jumelées face église ne sont pas visibles, ni non plus d'ailleurs la maçonnerie du clocher. |
|
Le contrefort d'angle Sud-Est
Sur l'angle Sud-Est du clocher est élevé un pinacle qui, côté église, fait pendant à la tour d'escalier. Comme le montrent les photographie, "son contrefort" est un faux contrefort d'angle car monté "à pousser" et non à étayer. De plus sensé le prolonger, son pinacle en est séparé par une corniche qui, en face Est, apparaît retaillée, plutôt mal que bien, très probablement lors de la réalisation du rampant de couverture. Quant au pinacle lui-même, il n'est pas orienté vers le centre du clocher, mais perpendiculairement à cette direction ! |
|
L'organisation architecturale de cet angle Sud-Est est d'autant plus curieuse que le faux contrefort s'appuie sur un mur qui, extérieurement au clocher, n'est pas droit, son épaisseur étant ramenée de 1m80 à 1m10 au niveau de l'accès aux combles de l'actuelle église, à un niveau donc plus élevé que sur les autres faces, de quelque deux mètres environ. Toutefois sur place cette différence résulte probablement des besoins propres de cette église ; auparavant le décrochement se trouvait vraisemblablement au même niveau que sur les autres faces. Finalement faux contrefort et faux pinacle semblent n'être que des rajouts pour équilibrer l'architecture générale du clocher à l'occasion de la réalisation des contreforts et pinacles des angles Nord-Est et Nord-Ouest. .En construction totalement neuve du clocher, il n'y aurait pas eu de faux contrefort. Un vrai aurait été mis, faisant saillie non dans la sacristie mais vers le chœur, et un chœur aligné sur la nef de l'église. Personne n'eût été choqué, bien au contraire. Par contre, si le clocher existe, l'architecte n'a pas le choix pour l'emplacement de l'arc ogival de liaison clocher-église et l'alignement de son mur de sacristie. |
|
La liaison clocher-galerie Nord
Sur le dessin Perrin comme sur le plan au sol de 1827, l'emprise de la galerie Nord de l'église mord visiblement sur la verrière Ouest d'éclairement de la chapelle sous clocher. En construction neuve ce ne saurait être admissible. Autre est la situation de l'architecte qui, œuvrant sur un édifice existant, veut donner de l'élégance à une tour massive par l'ouverture en son rez-de-chaussée de verrières bien proportionnées. Là encore il n'a pas le choix. La galerie est là, il lui faut l'accepter. Quant à l'axe de la verrière, il ne peut que le situer dans le prolongement de la nervure médiane de la voûte. Dans ces conditions, une légère saillie comme celle qui apparaît sur le plan au sol, qu'importe ! Hélas! Dans la suite des temps, les eaux de pluie s'avérèrent par trop néfastes pour les pierres d'appui de la verrière. Il fallut mettre en place ce pan de toiture qui mord sur sa partie basse. Un désastre ! L'accès au 1er étage du clocher
La photo ci-contre montre comment de nos jours se présente le passage muré qui, depuis la tour d'escalier, permettait d'accéder à l'étage porté par la voûte armoriée. La hauteur en est de 1,10 mètre. Elle est anormalement faible, c'est le moins qu'on puisse dire. Sans doute nos anciens étaient-ils petits, mais quand même! Toutefois ce qui est anormal devient tout à fait normal si la voûte a été réalisée sur un édifice préexistant, en remplacement d'un plancher disposé lui à la cote voulue. |
|
La plateforme d'assise de l'église
En 1827, la commune demanda à l'architecte Villers de faire un projet pour agrandir une église devenue trop petite. Préalablement il fit le relevé au sol ci avant présenté ainsi qu'un dessin de la façade Ouest, avec en arrière plan une esquisse de clocher très surdimensionné, sans doute pour souligner l'anormalité de son volume en regard de celui de l'église. Les calques de l'un et de l'autre sont conservés aux Archives Départementales de Maine et Loire. Il y apparaît clairement que l'église encore existante en 1827 résultait de l'élargissement d'une nef plus ancienne. |
|
L'église primitive étant éloigné du clocher, comment ne pas se questionner quant au fait que son sol ait été de niveau avec celui de la proéminence rocheuse d'assise du clocher, en saillie de deux à trois mètres sur son environnement naturel ? Une seule réponse possible: il y eut là un terre-plein qui couvrait l'ensemble et de plus débordait au-delà ainsi que mis en évidence par ailleurs.
V – Conclusion et propositions
Importantes et nombreuses sont donc les particularités, incongruités architecturales et questionnements que propose le clocher de Sainte-Croix de Rochefort. Le site étant celui d’une "curia" des comtes de Blois d’existence attestée dès 1037, chercher une explication cohérente amène à proposer la chronologie d’évolution ci-après : - À l’origine une motte castrale sur laquelle se trouve, en un enclos défensif, un logis seigneurial, une chapelle et une tour qui, au vu des manuscrits carolingiens, peut fort bien avoir eu des murs d’épaisseur décroissant par décrochements successifs apparents. - La chapelle seigneuriale devient église paroissiale, puis est agrandie ( XIIème siècle?) par un bas-côté appuyé sur une tour seigneuriale promue au rang de clocher. - Une chapelle de transept est aménagée en rez-de-chaussée de cette tour au XVIème siècle, la liaison avec l’église s’effectuant par ouverture totale de la partie basse du mur du clocher, seuls demeurant les appuis de l’arc ogival portant le mur de l’étage supérieur. En même temps l'allure générale de l'édifice est affinée par création ou reprise des baies jumelées du beffroi, par l'ajout de deux contreforts d’angle et d'un faux contrefort, enfin peut-être aussi par la surélévation d'une tour d'escalier précédemment arrêtée au premier étage. - En 1590 des tirs nourris sont dirigés contre l’église, d’où les nombreux impacts de balles qui se voient sur les contreforts Nord-Est et Nord-Ouest. - Vers 1600 les baies jumelées sont surélevées en même temps que les cloches sont mises en position haute. - En 1672 les charpentes porteuses des cloches sont changées de place et appuyées sur des maçonneries obturant partiellement les baies jumelées. .-Vers 1700, la toiture pyramidale fait place à une couverture à bulbe et rampants. Trois des murs sont retaillés pour asseoir les rampants. Le quatrième est conservé en son état car sur lui débouche l’escalier à vis. -Passé 1816 la galerie Ouest est mise aux normes de la galerie Nord avec emmarchement d'accès direct au porche de l'église. |
|
Propositions de recherches - Sonder le sol pour détecter s’il y a trace d’un mur Sud du clocher, peut-être aussi pour retrouver l'église primitive, - Analyser les tuffeaux des contreforts, couronnements, pinacles, baies et verrières de façon à déterminer les ouvrages de construction simultanée probable. - enfin vérifier1 que la cote NGF du faîtage du transept a nécessité une surélévation de l’assise des baies jumelées, Michel Nouaille-Degorce ______________________________________________ 1 Le calcul a été fait à partir des plans Villers de 1827 et d’un relevé de la Société Française de Téléphone. Si ces documents sont exacts, le doute n’est pas permis. |