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Rédacteur,

responsable de la publication :

 

Michel Nouaille-Degorce,

maire honoraire.

 

Adresse :

3 rue Grand'Cour

49190 Rochefort-sur-Loire.

 

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Histoire de Rochefort-sur-Loire

 

                 Rochefort-sur-Loire (2000 habitants) est une petite ville située à quelque 18 kilomètres au Sud-Ouest d'Angers en bord d’un bras de Loire, le Louet. Il divise le territoire communal en deux parties : lune, la Vallée, constituée de terres et prés inondables en période de fortes crues de la Loire, l’autre, les Coteaux, pour moitié occupée par des herbages, pour l’autre par un vignoble réputé dont celui de Chaume célèbre par son Quart de Chaume. La commune est en périphérie des Mauges, l'un des hauts lieux de l'insurrection vendéenne.

                 Sur son histoire  des légendes se sont transmises de génération en génération du genre "bourg de création remontant à la démolition du château-fort de Saint-Offange" ou encore " sur le clocher impacts de balles remontant aux guerres de Vendée ". Le présent article se propose de "tordre le cou" à toute affirmation infondée  et de donner sur l’histoire de Rochefort un aperçu présentant les certitudes ou, en leur absence, les probabilités telles qu’elles ressortent d’une étude minutieuse des documents et contextes.

 

Origine du nom

                  Rochefort-sur-Loire tient son nom de deux plateaux rocheux qui, à quelque huit cent mètres au nord-ouest du bourg, saillent d’une vingtaine de mètres sur la plaine alluviale de la vallée de la Loire. Les vieux textes les appellent tantôt Rupes Forti ou Fortis, tantôt  Roca Forti ou Fortis. Des indices de présence gallo-romaine y ont été trouvées. Sur le plus petit, de nos jours appelé le rocher de Saint-Offange, se trouvait le château fort du seigneur de la châtellenie puis baronnie de Rochefort. Au XVème siècle, il le déclarait son chastel, vulgairement appelé Rochefort. Sur le plus important se trouvait son village de la Motte Saint-Symphorien, un village fortifié, l’une des 32 villes closes de l’Anjou à suivre le Dictionnaire Historique de Maine et Loire1. La seigneurie avait été fondée en 1106 par une donation faite à Abdon de Briollay par le comte d’Anjou Foulque le Réchin "après la déplorable mort de Geoffroi au siège de Candé"2. Elle couvrait une bonne moitié

du territoire communal actuel ainsi qu’une bonne partie des communes voisines de Saint-Aubin-de-Luigné et Chaudefonds. 

 

La Cour-de-Pierre, cœur du bourg,.

 

                 L’autre moitié de l’actuel territoire communal dépendait d’une autre châtellenie, dont étaient seigneurs les abbesses de l’abbaye de Notre-Dame de la Charité d'Angers, dite du Ronceray. À suivre le Cartulaire de cette abbaye, cette châtellenie, dénommée de Cour-de-Pierre, a pour origine une donation d’un domaine nommé la Cour-de Pierre faite en 1O37  par Thibaud, comte de Blois, à la prière d’Hildegarde, comtesse d’Anjou.3

                 La résidence seigneuriale se trouvait au centre du bourg dans un enclos qui englobait aussi l’église, dédiée à la Sainte Croix, et les bâtiments de  service usuels en ces temps-là, écurie, grange, logement des gardes, etc. À suivre les documents d’archives4, l’abbaye avait reçu outre la résidence seigneuriale, de nombreuses terres en dépendant, les bois du Latay5 et de la Haye, l’île Luisambardière6 en vallée de Loire, des droits seigneuriaux, enfin le patronage des églises et paroisses de Sainte-Croix près Rochefort, de Saint-Lambert et de Sainte-Foy.  

 

                 Selon toute vraisemblance la Cour-de-Pierre tirait son nom d’une émergence rocheuse, d’une quinzaine de mètres de diamètre et de deux à trois mètres de hauteur, qui, située sur le tracé de la muraille d’enceinte, sert d’assise au clocher. Selon toute vraisemblance aussi, en ce lieu, alors qu’il était dénommé Commonicus, se situe un épisode7 de la vie de saint Maurille, évêque d’Angers dans les années 420-450.  Il y détruisit  un site sacré païen. Saint Maimbeuf, l’évêque d’Angers auteur au VIème siècle de l’une des deux relations de l’anecdote, termine en indiquant qu’en mémoire de l’évènement "on changea le nom de la colline, où avaient lieu orgies et bacchanales, en celui de château de la pierre (castrum petrae), ce qui, pour dom Chamard, son transcripteur,  "répond évidemment au mot Rochefort" (au sens bourg de Rochefort et non Rupes Fortis). Pour sa part, Archanald, le moine auteur de l’autre relation, apporte une précision intéressante qui, soit dit en passant, assied une crédibilité qu’il est d’usage de contester : le site sacré comprenait un rocher et un bois, tous deux  dédiés au dieu Mars, le "Rupes Martis" et le "Lucus Martis". Un quartier de Rochefort s’appelle Le Martreau, très probablement est-ce par référence à ce dieu Mars gallo-romain.

 

Le bourg devient Rochefort

 

                 Sitôt la Cour-de-Pierre remise au Ronceray, ses habitants bénéficièrent, de la part du comte d’Anjou Foulque Nerra et de son épouse Hildegarde, de franchises et exemptions qui favorisèrent l’urbanisation des abords de l’enceinte seigneuriale. D’abord bourg Sainte-Croix au XIème siècle, l’agglomération devint Sainte-Croix de Rochefort au XIIème, puis enfin ville de Rochefort8 au XIIIème, notamment en 1222 lors de l’arbitrage réglant les rapports de voisinage entre le Ronceray et noble homme Guy, seigneur de Rochefort, et Payen son frère9.

                 Ainsi donc le seigneur de Rochefort ne fut pas seigneur du bourg de Rochefort mais seulement des roches fortifiées proches ainsi que des terres relevant du fief, notamment le village du Martreau qui, de nos jours, fait partie du bourg. Quant au village fortifié de la Motte-Saint-Symphorien proche du château fort du seigneur de Rochefort, il était si démuni de ressources  qu’il ne pouvait faire vivre un prêtre desservant, d’où la suppression de la paroisse en 1282 et son rattachement à la paroisse Sainte-Croix de Rochefort.

 

Le château fort de Dieusie

 

                 À Rochefort un autre château fort exista aux temps anciens, distinct de celui du seigneur de Rochefort. Il était construit sur une troisième émergence rocheuse, plus proche du bourg et tête d’une île formée par deux bras du Louet. Il fut probablement construit du temps de Payen10 de Rochefort, sénéchal du roi d’Angleterre Jean-sans-Terre alors que ce dernier, depuis Rochefort, tentait de reconquérir son duché d’Anjou. La forteresse était imposante. Appuyée sur une falaise en à pic, son enceinte basse comportait 12 tours. Au niveau supérieur le donjon était protégé par une enceinte haute ponctuée de six tours et d’une poterne. Payen fut tué en 1214 lors du siège de la forteresse de  la Roche-aux-Moines qui fait face à Rochefort sur l’autre rive de Loire. Racheté en 1274 par Philippe le Hardy, fils de saint Louis, Dieusie fut propriété de la couronne jusqu’au XVIIème siècle.

                

Rochefort au Moyen-Âge

 

                 Au Moyen-Âge la châtellenie de Cour-de-Pierre et la châtellenie de Rochefort connurent une évolution fort différente.

                 En Cour-de-Pierre  les religieuses créèrent de nombreuses métairies par  défrichement de la forêt. Leur  bourg accueillit les notables des deux seigneuries, les artisans, les mariniers, etc. Il fut vers les années 1450 parmi les villes importantes de l’Anjou, ce dont témoigne un riche patrimoine bâti remontant au XVème.

                 En châtellenie, dès l’origine les seigneurs furent d’une famille proche du pouvoir, dans un premier temps la famille de Rochefort, ensuite par mariage de   l’héritière, les familles de L’Isle-Bouchard, de la Trémoille et enfin de Bourbon-Condé. Rarement là, le seigneur de Rochefort était localement représenté par un chastelier, le dernier étant probablement René de Saint-Offange. Le fief tenait les bords de Loire et percevait un péage en l’île de Tancré, à charge pour le seigneur de gérer et entretenir la section de Loire correspondante. Son domaine comprenait la quasi-totalité de la Vallée de Rochefort, alors principalement constituée de communs, c’est-à-dire de prés où les habitants de la châtellenie pouvaient faire paître leurs bêtes moyennant une redevance annuelle. Les métairies du seigneur de Rochefort étaient seulement au nombre de deux. Ses vassaux étaient nombreux et, pour certains, hauts et puissants tel le marquis de Beauveau, seigneur de la Basse-Guerche sur Chaudefonds.                

                 Probablement les Templiers eurent un établissement hospitalier à Rochefort, à s’en référer au nom d’un logis du bourg et à un toponyme cadastral.

 

Rochefort en fin de Moyen-Âge

 

                 Rochefort connut son « âge d’or » à la fin du Moyen-Âge, à en juger

- du patrimoine bâti conservé,

- des 438 feux recensés en 1688, en un temps où les Ponts-de-Cé  en recensent 527 et Baugé 588,

- enfin des écoles de grammaire et de chant dont le Dictionnaire Historique de Maine-et-Loire signalent l’existence de 1438 à 1556.

 

Rochefort pendant les Guerres de Religion

 

                 Par deux fois Rochefort fut un lieu d’affrontement lors des Guerres de Religion, la première fois du fait d’un seigneur protestant, Hercule, ou encore Jacques, de Saint-Aignan dit le capitaine Desmarais, la seconde fois du fait de ligueurs, les frères de Saint-Offange.

                 L’épisode Desmarais remonte à 1562 et fut de courte durée. En avril ce seigneur s’emparait de la ville d’Angers. Chassé par l’armée royale et les habitants, le petit reste de sa troupe se réfugiait au château des Ponts-de-Cé, puis, ne s’y sentant pas en sécurité, à celui de Rochefort, quelque peu laissé à l’abandon. L’armée royale attaquait le 1er juillet et le 10 venait à bout de toute résistance. Fait prisonnier avec deux de ses soudards, Desmarais fut rompu sur la roue en la place du Pilory à Angers.

                 L’épisode Saint-Offange fut d’une toute autre ampleur et dura de 1588 à 1598. Les "héros" en furent trois des quatre fils du chastelier René de Saint-Offange qui, en 1576, avait adhéré au pacte catholique de la noblesse angevine. L’assassinat du duc de Guise donna le signal de la révolte des ligueurs. Angers leur échappant,  Rochefort devint le centre de gravité de leur résistance aux troupes royales. Leurs arrières étaient assurés par le duc de Mercoeur qui tenait Nantes et la Bretagne. Les troupes royales, principalement soudards anglais et lansquenets allemands, les attaquèrent une première fois, et sans succès, en 1590, une deuxième fois, et sans plus de succès en 1592. De guerre lasse les armées royales n’insistèrent pas et la situation resta en l’état avec une Ligue Catholique contrôlant plus ou moins bien une moitié de l’Anjou.  La paix ne se fit qu’en 1598. En cette année-là, et par le traité dit de Saint-Symphorien, le roi Henri IV  accorda aux ligueurs son pardon. En contrepartie de leur ralliement les Saint-Offange obtenaient une amnistie totale pour toutes les exactions dont ils pouvaient être responsables et, de plus, recevaient 6 000 écus et une charge de gentilhomme ordinaire de la Maison du Roi.

                 Ces années de guerre civile furent extrêmement éprouvantes pour la population de  Rochefort. La soldatesque vivait à ses dépens et les troupes de passage s’en donnaient à cœur joie de piller, de violer, d’incendier. Dans la tourmente disparurent les écoles de grammaire et de chant.

 

Les impacts de balles sur le clocher

 

                 Les tuffeaux des contreforts du clocher de l’église Sainte-Croix de Rochefort sont constellés d’une multitude d’impacts de balles qui témoignent d’un combat violent. Il fut longtemps admis qu’ils remontaient à un épisode des Guerres de Vendée. Un article d’Aimé de Soland11 et un appel au secours de Reynaud, commandant la garde nationale de Rochefort sont à l’origine de cette attribution. Depuis lors, l’étude approfondie de l’histoire de Rochefort fait conclure à l’auteur :

1- Pendant la Révolution, il n’y eut localement aucun combat d’envergure. L’appel au secours de Reynaud témoigne seulement d’une peur provoquée par la présence de chouans à Saint-Aubin-de-Luigné : pour la période concernée un rapport du commissaire de canton existe qui ne fait pas état d’une quelconque attaque de Rochefort.

2- Il est par contre hautement probable que les impacts de balles font suite aux combats qui eurent lieu autour de l’église en mars 1590. Louvet les rapporte ainsi dans son journal12 : Le lundi 5 mars Monsieur de la Rochepot a pris l’église de Rochefort et fait tuer le capitaine qui commandait dedans comme ils parlementaient...Le 14 mars ceux du parti de l’Union des Catholiques qui étaient venus de Nantes ont repris l’église de Rochefort où il y avait un fort où était le capitaine Pont que le dit sieur de la Rochepot y avait mis en garnison". Les contreforts en tuffeaux n’ont pu que conserver la trace de ces combats.

 

La destruction du château fort de Rochefort

 

                 Après la reddition des Saint-Offange, et sur les instances de la municipalité d’Angers, le roi Henri IV ordonna l’entière ruine et démolition des châteaux et fortifications de Rochefort, de Dieusie et de la ville de Saint-Symphorien.  Il accordait en dédommagement 26 000 livres à leurs propriétaires les sieurs de la Témoille et de Mirepoix.

                 Le 5 mai 1599 avait lieu la démolition de la grosse tour de la Trésoerie, très probablement, sur le rocher de Saint-Offange, celle dont demeure un pan de mur dressé vers le ciel tel un doigt menaçant.

                 Toute réelle fortification avait disparu. Néanmoins, après la mort d’Henri IV et par deux fois, Rochefort causa souci aux autorités :

- une première fois dans les années 1623-1625 la Ville d’Angers dut envoyer 500 hommes pour prêter main-forte aux officiers royaux assaillis par les hommes du baron de Rochefort,

- une seconde fois en 1652 pendant la Fronde, les seigneurs révoltés occupant Rochefort 

 

  Les derniers seigneurs de Rochefort

 

                 Devenu baronnie au XVIème siècle, le fief de Rochefort perdit beaucoup de son intérêt, une fois son château fort détruit et, avec lui, la résidence seigneuriale construite vers 1475 par Louis II de la Trémoille. Aussi Henri II de Bourbon-Condé le cédait-il en 162014 à  Louis d’Alogny, marquis de Rochefort-sur-Creuse.. Ce dernier s’en défaisait à son tour en 1639 par une vente à Noble Dame Simone de Maillé, abbesse de l’abbaye du Ronceray. Étaient exclus de la vente le port et passage de la Possonnière, l’Isle de Tancré et le droit d’accroissement15.

                 Ainsi donc passé 1639 les abbesses du Ronceray furent-elles tout à la fois châtelaine de Cour-de-Pierre et baronne de Rochefort, et ce jusqu’à la nouvelle organisation du territoire mise en place à la Révolution.

 

Les administrations seigneuriales

 

                 Tout au long de leur existence les seigneuries  furent des entités féodales distinctes, ayant leurs us et coutumes propres, tels des poids et mesures spécifiques ou encore, en seigneurie de Rochefort, un droit de quintaine16 auquel n’étaient pas assujettis les sujets de Cour-de-Pierre.

                 La gestion des biens, droits et devoirs de chaque seigneurie était affermée séparément moyennant, de la part des contractants, une redevance annuelle en espèces et en nature, blé froment, blé seigle, bois, etc.

                 Une fois la fusion réalisée, les personnels, sénéchal, procureur, greffier, furent communs et il n’y eut plus qu’une seule administration. Elle siégeait auprès de l’église du bourg en un lieu-dit dénommé l’Abbaye que de récentes études ont identifiée au lieu de Cour-de-Pierre, à l’origine du nom de la châtellenie.

 

Le patronage de l’église Sainte-Croix

 

                 Les abbesses du Ronceray avaient le patronage  de l’église Sainte-Croix. À ce titre elles semblent avoir eu la charge des investissements immobiliers. En constitue un indice la clé de voûte du porche sous clocher ; elle est frappée au blason d’une abbesse des années 1530-1550 et témoigne qu’à cette époque elle fit effectuer d’importants travaux sur le clocher, savoir apparemment sa mise en transept et l’aménagement d’une chapelle éclairée par deux grandes verrières.

                 Confirme l’indice un procès-verbal en date du 4 mars 1692 du sénéchal de la chastellenie de Cour-de-Pierre et baronnie de Rochefort y annexée : Madame de cette Cour désire, comme décimatrice17 de cette paroisse, faire refaire l’aiguille du clocher jetée à terre, avec sa charpente, par les grandes ventures et tempêtes de l’année précédente. L’année suivante, accompagné d’un maître charpentier et du garde des eaux et forêts, il marquait en forêt voisine les 84 chênes à abattre pour faire une nouvelle charpente.

                 Face au seigneur la paroisse avait son organisation propre avec, outre le curé un syndic pour représenter la collectivité, un procureur pour suivre ses finances et enfin un conseil de fabrique18 constitué de notable.  

 

Les écoles et maison de charité

 

                 À la fin du XVIIème siècle, sur une initiative privée, un début d’enseignement primaire vit le jour à Rochefort en même temps qu’était créée une institution dite maison de charité qui jouait le triple rôle d’infirmerie, d’hôpital et de bureau d’aide sociale. Des demoiselles ou dames de charité en assuraient le fonctionnement et, dans le bâtiment voisin, celui de l’école, dite de charité, pour l’enseignement des filles. Les premières dames de charité à l’origine de l’établissement furent Marie Maugrain et Marie Grandet. L'équivalent pour l'enseignement des garçons remonte à une date non connue. Tout au plus sait-on qu'en 1722 le curé Louis Dupont achetait un local pour l'école de charité de garçons. A noter que les curés de Rochefort s'appelèrent Dupont de 1689 à 1786, tous parents, soit frères,  soit oncle ou neveu, tous aussi d'un grand dévouement.

 

La Révolution

 

                 Comme partout en France les réformes du début de la Révolution furent bien accueillies. Les désillusions vinrent fin 1790 et début 1791 avec le vote de la Constitution  Civile du Clergé, le renvoi du curé Boulloys et son remplacement par un intrus nommé par l’assemblée départementale. Élu le 7 février 1790, le premier maire, Pierre Bonneau, démissionnait le 12 novembre suivant. Jacques Ledoyen, son remplaçant, en faisait autant cinq mois plus tard. La coupe déborda le mars 1793 quand la municipalité fit supporter aux seuls habitants des coteaux la charge de fournir des « volontaires » pour défendre la patrie. Le soir, la population concernée se soulevait pour une rébellion qui allait amener quelque 300 rochefortais à combattre au sein de l’armée vendéenne, et une centaine à y laisser leur vie

                 Pendant la Terreur la population civile fut durement éprouvée, particulièrement lorsque les troupes républicaines réoccupèrent le bourg à l’automne 1793 et que les autorités procédèrent à la purgation de la Vendée. Entre autres furent fusillées trois femmes, l’une pour avoir caché un prêtre, les deux autres dont la demoiselle de charité Françoise Cady, pour être allées à des messes officiées par des curés ayant refusé le serment, leur crime : messière

                 En 1790 la population de Rochefort était de 2404 habitants ; onze ans plus tard elle n’était plus que de 2271. École de charité de filles et maison de charité avaient disparu ? Des institutions de l’Ancien Régime seul demeurait l’école de garçons.

 

 

                                                                                                                                                                          (à  suivre)

 

 

 

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1 - Edition 1989, tome III, page 470, éditeur Siraudeau.

2 - Cartulaire du Ronceray, table analytique établie par Marchegay, page330.

3 - En son Histoire du canton de Thouarcé, page 14, Louis Raimbault fait état d’une donation antérieure par Foulque Nerra, comte d’Anjou. Elle remonterait à 1028. Le texte de référence n’étant pas cité, il se peut qu’il ait "télescopé" deux évènements. Sinon il faudrait admettre que le comte d’Anjou s’était emparé du domaine du comte de Blois et que la donation de 1037 soit la régularisation d’une situation de fait.

4 Cartulaire du Ronceray, contentieux de 1222 et 1270 avec les seigneurs de Rochefort, aveux de 1547 (254 H 358).

5 Ce qu’il en reste de nos jours porte le nom de forêt de Beaulieu

6 De nos jours les Lombardières.

7 - Deux relations en sont connues. L’une a pour auteur saint Maimbeuf qui fut évêque d’Angers dans les années 620-650, elle est rapportée par dom Chamard  dans sa Vie des saints personnages de l’Anjou, page 170 ; l’autre rapportée par Migne en sa Patrologie latine, émane d’un moine du IXèmesiècle, Archanald s’appuyant sur l’autorité d’un évêque du Vème siècle, Venance Fortunat.

 - Migne - Patrologie latine - B.M. Angers, C 18742.

8  - Dict. Hist. de M&L, op. cité, page 467.

9 - ADM&L, cote 254 H 317.

10 Probablement était-il l’oncle du Payen cité dans l’arbitrage de 1222.

11  Bulletin Historique et Monumental de l’Anjou 1861-1862).

12 Revue de l’Anjou 1854, tome II.

13 Commandant les troupes royales.

14 ADML 254 H 358 et Dictionnaire Historique du Maine-et-Loire, rubriques Rochefort et la Possonnière.

15  sur les dépôts alluvionnaires en bord de Loire.

16 obligeant les mariés de l’année à s’affronter dans des joutes nautiques. 

17 percevant la dîme

18 conseil paroissial en un temps où la paroisse avait de grands biens.

 

Croquis3 situant les Rupes Fortis