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Rédacteur, responsable de la publication :
Michel Nouaille-Degorce, maire honoraire.
Adresse : 3 rue Grand'Cour 49190 Rochefort-sur-Loire.
contact@rochefortsurloire.info
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Mise à jour du 21/10/10
En grande couronne de l'agglomération d'Angers le Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau Potable (SIAEP) de la Région du Layon regroupent les communes de Beaukieu-sur-Layon, Rablay, Rochefort-sur-Loire, Saint-Lambert-du-Lattay et Saint-Aubin-de-Luigné soit environ 6000 habitants. Sur ce syndicat se vivent, viennent de se vivre ou encore projettent de se vivre diverses opérations d'investissements caractéristiques des dérives qui renchérissent artificiellement le prix de l'eau. Ce sont, présentés ci-après : un projet de château d’eau en un site quelque peu inapproprié, un projet de puits de captage particulièrement "prometteur", une interconnexion financièrement mal menée, enfin un projet de nouvelle usine de traitement d'utilité discutable. Petite lueur d'espoir cependant :le Conseil Général de Maine et Loire semble vouloir "reprendre la main" et cesser de subventionner à la petite semaine.
Le projet de château d’eau de Bellevue
Une décision à la hussarde.
Il existe sur Rochefort-sur-Loire, non loin du site classé de la Corniche Angevine, un lieu appelé Bellevue d’où, comme son nom l’indique, les vues sont très belles tant sur la vallée de la Loire que sur celle du Layon et son vignoble. Là fut construit voici 70 ans un petit château d’eau de 300 m3 d’une hauteur de l’ordre de 20 mètres. Il jure dans le paysage. Il serait logique que, devenant insuffisant, il soit remplacé par un réservoir au sol avec pompes de mise en pression. Or, patatras ! le 16 octobre 2003 l’ingénieur de la DDAF, conseiller technique du SIAEP, propose au conseil syndical son remplacement par un ouvrage d’une hauteur de 30 mètres et d’une capacité à choisir entre 1000m3, pour un coût de 850 000 €,, et 1500m3, moyennant un surcoût de 100 000 €. Pendant qu’on y est, pourquoi se priver ? Et le conseil syndical d’adopter la solution la plus onéreuse d'un montant in fine arrêté à 1.030 .000€, la dépense étant majorée de 80 000€ pour contraintes architecturales d'insertion dans l'environnement.
Après coup, on justifie tant bien que mal
La décision avait été prise en l'absence de toute analyse comparée des diverses techniques permettant d’atteindre les deux objectifs recherchés, accroître les capacités de stockage et augmenter la pression de distribution. Le Préfet ayant été saisi, les diverses options envisageables furent enfin soumises aux membres du Comité Syndical le 23 mai 2005, hélas ! sur la base d’une note méthodologique émanant du Service d’État à l’origine de la décision initiale ! Les diverses possibilités étaient bien présentées, mais de telle façon que le château d’eau ne pouvait qu’être adopté, malgré un coût supérieur de quelque 30%... mais en contrepartie que d'avantages par rapport à une option réservoir au sol taxée de tous les maux... alors qu’elle est de mise en œuvre usuelle sur l’agglomération d’Angers voisine ! Quelques erreurs aidant, même l’incidence sur le prix du mètre cube est à l'avantage de l'ouvrage en élévation : 0,23 €/m3 contre 0,26 !
Heurs et malheurs d'un permis de construire
- En octobre 2005, un contrat de maîtrise d’œuvre est passé avec un architecte. - Le 15 février 2007, le dossier du permis de construire est approuvé pour un coût d’opération de 1 200 000 €, - Le 12 novembre 2007, ce dossier est à nouveau présenté devant le conseil syndical car le coût d’opération est devenu de 1 500 000 € HT, par suite, paraît-il, de la hausse du coût de l’énergie...et d’un surcoût de 200 000€ dû aux contraintes de traitement paysager et de parti architectural. En cette situation il eut peut-être été normal de procéder à un réexamen du bien fondé économique de l'option. Toute réflexion de ce genre est écartée, au nom du manque d’eau des étés 2005 et 2006, aussi d’une incidence minime sur le prix de l’eau. Comme il se doit, le conseil d'approuver sans même chercher à savoir quelle serait cette incidence. - Début 2008 le permis de construire est déposé en mairie de Rochefort. - Hélas! Lors de cette instruction, catastrophe ! Les avis défavorables commencent à arriver, l’un de la Direction Régionale de l’Environnement, l’autre de TDF qui craint que l’ouvrage ne crée une zone d’ombre pour son antenne proche. - Qu’à cela ne tienne : le 26 juin 2008, l’ingénieur de la DDAF fait connaître au Comité Syndical qu’il prend contact avec TDF pour étudier la possibilité d’installer une antenne relais évitant tout risque de zone d’ombre.....ce qui aurait d'autant accru le coût de l'ouvrage. Au point où on en était rendu, pourquoi se gêner ? -Le 6 février 2009, rendant compte de ses rencontres avec le service de la DDE, le président du SIAEP fait connaître que "tous les organismes contactés émettent un avis défavorable. -Enfin, le 30 juin 2009, ce président fait décider l'abandon du projet "en raison de l'antenne TDF". (À croire qu'en l'absence de l'opposition TDF, le comité syndical aurait été invité à passer outre aux avis défavorables des autres organismes consultés. La perspective d'une belle empoignade juridique lors de l'enquête publique et, fort probablement, de nouveaux frais inutiles qu'auraient dû supporter les usagers) !
On cherche un responsable.
En cette réunion syndical du 30 juin 2009 le président du SIAEP fait aussi connaître que les frais engagés pour le projet abandonné s'élèvent à 50 976 euros soit donc de l'ordre de 335 000 francs (Rien n'assure d'ailleurs que l'addition ne sera pas plus élevée car, en la même délibération, le comité syndical charge la DDEA de négocier la rupture du contrat avec le maître d'œuvre, un architecte parisien). Dans la foulée le président du syndicat indique qu'il convient de chercher la responsabilité du maître d'œuvre et/ou de la DDEA pour clôturer le dossier. À qui croyez-vous qu'est confié le soin de rechercher les responsabilités? À un expert ou à un avocat spécialisé? Que nenni, à la DDEA ! Confier à un suspect le soin d'enquêter, il faut le faire!
Les problèmes
1-Est-il normal que d‘entrée de jeu ait été éliminée l’option la moins coûteuse du réservoir au sol avec pompes alors qu’un peu partout elle est mise en œuvre pour préserver l’environnement ? 2-L’estimation initiale incluait les contraintes architecturales ; on trompait les élus en les invoquant pour justifier la réévaluation de novembre 2007. 3-Le coût de 1 500 000 changeait du tout au tout l’économie du projet. Un réexamen de l’intérêt de l’option s’imposait. Pour ne pas l'engager on invoqua le manque d’eau des étés 2005 et 2006. À nouveau on trompait les élus. Les puits ne fournissaient pas; c’est de l’eau en plus que le syndicat devait trouver soit par interconnexion avec un réseau voisin, soit par de nouveaux captages. 4-Est-il admissible que l’incidence pour l’usager ait été déclaré minime par qui conseilla l’opération, alors que, toutes corrections faites, y compris celle des « erreurs » de la note méthodologique de la DDA, elle aurait été de l'ordre de 0,40 €/m3, et encore en l'absence de nouvelles dérives budgétaires du projet. Pour une consommation annuelle moyenne de 120 m3 : 48 euros, une paille ! 5- À consulter le registre des délibérations du SIAEP, on voit que le 24 octobre 2008 la question fut posée de l'urgence de remplacer l'actuel château d'eau du syndicat. Réponse: La réserve actuelle est de 300 m3. Peut rester plusieurs années mais 10 mètres de plus en hauteur permet une augmentation de 1 Kg. Mais alors, si l'urgence est d'accroître la pression de 1 Kg, pourquoi ne pas surpresser de 1Kg l'eau sortant de ce château d'eau. Cela avait été fait dans le temps jadis. Pourquoi, vers 1960, fut-il supprimé? Nul ne le sait. Qu'importe! Il faut savoir si oui ou non il est important d'élever la pression de 1Kg. Qu'attend donc la DDEA pour faire une proposition en ce sens? Les honoraires seraient-ils par trop négligeables? 6- Le 30 juin 2009 le comité syndical a confié à la DDEA le soin de faire une recherche de responsabilité préalablement à la clôture du dossier, mention étant faite du maître d'œuvre et/ou de la DDEA. Par hasard celle du président ne serait-elle pas aussi engagée alors que, dès le début, il fut prévenu du guêpier dans lequel il s'engageait ? 7-Enfin est-il déontologiquement admissible que la recherche des responsabilités ait été confiée au service d'État dont la responsabilité est soupçonnée?
Une recherche d’eau "prometteuse"
Un manque d’eau prévisible
Durant l’été 2006 le SIAEP du Layon fut en manque d’eau par insuffisance de production de ses forages. Il fallut en importer par camion citerne. L’incident était éminemment prévisible puisque dès le 20 octobre 2003, le conseil syndical était informé que la production devenait insuffisante. Une nouvelle alerte ayant eu lieu le 22 juin 2005, s’en suivait le 30 du même mois une délibération par laquelle étaient sollicitées aides et subventions pour la recherche d’une nouvelle ressource en eau (coût prévisionnel: 72 000 euros), et pour une étude diagnostic de l’usine de traitement (coût évalué à 30 000 €). Un début de pénurie survenant au cours du week-end du 14 juillet suivant, il y avait urgence. Pour autant c’est seulement le 30 mars 2006 que le Comité Syndical se voyait proposer de confier à la DDAF deux missions, l’une, d’un coût de 4 420 € HT, « d’assistance-conseil pour déterminer un programme d’investissement et une politique tarifaire », l’autre, d’un coût de 3 720 € HT « pour le suivi d’une campagne de recherche d’une nouvelle ressource en eau », qui, en comité syndical du 31 juillet suivant, fut confiée à la société ANTEA pour un montant de 25 610 €. Il était plus que temps puisqu'en cet été 2006, le manque d'eau était là et qu'il fallut en urgence improviser une rotation de camion-citerne pour faire face au manque d'eau. Qu'en trois ans rien n'ait été fait, merci à la DDAF que le SIAEP rémunère pour l'assister dans la gestion du service d'eau.
Le forage improvisé....et son arsenic !
En ce même été 2006, le manque d’eau prévisible advenant, la société ANTEA se vit confier en urgence la réalisation d'un forage improvisé et, à la grande surprise du signataire, au pire endroit qui soit, c'est-à-dire non loin des forages en service. Vouloir puiser un peu plus dans une nappe épuisée, il faut le faire ! Aussi, ce 12 août 2006, aussitôt connu ce projet nous écrivions aux membres du syndicat non seulement pour annoncer qu’il serait improductif, aussi pour leur faire connaître que notre nappe phréatique était probablement exploitée à limite de capacité, qu'elle ne pourrait sans doute donner plus. Sauf à trouver une nouvelle et problématique réserve alluvionnaire, la sécurité du service nécessitait soit d'aller chercher l’eau manquante directement en Loire, ce qui serait hors de prix pour un SIAEP de l’importance du nôtre, soit de se raccorder sur un syndicat voisin. En urgence cette dernière solution allait être mise en œuvre, permettant au SIAEP d'importer en l'été 2008 les volumes d'eau que ses puits ne pouvaient fournir, en l'occurrence 11 861 m3.
Le forage improvisé suivit son cours.....et ne fut pas mis en service. Pour cause de manque d'eau, croyez-vous ? Eh bien non ! à s'en fier à l'annonce faite au comité syndical le 30 octobre suivant : la cause en serait une présence d’arsenic dans l’eau extraite. Mais alors, si arsenic fautif il y a là, il y en a aussi dans les forages proches qui sont en service. Renseignements pris auprès de la DDASS, l’argument est malhonnête : l'eau de cette nappe est connue pour contenir de l'arsenic en quantité faible, éliminée lors du traitement. Par contre ce qui était prévisible était advenu, le débit obtenu (15m3/h) ne justifiait pas l’équipement de l’ouvrage. Quant au coût de cette opération inutile, le président l'a fait connaître en comité syndical du 17 février 2007: 17.114 € TTC. Étonnez-vous après que l'eau soit chère!
Un puits cher... sans nulle garantie de résultat
L'épisode clos du forage improvisé et de son arsenic, il ne fut évidemment pas question de revenir sur le contrat de recherche d'eau confié à la société ANTEA. Et voilà la DDAF à présenter en réunion syndicale du 14 février 2008 une préconisation d'ANTEA d’un nouveau puits dans la même nappe et de faire programmer 30 000 € de dépenses au titre de la maîtrise d'œuvre et de la conduite d'opération et 154 951 € au titre de la première tranche d'un puits à drains rayonnants ! Ayant l'expérience du site et de ses possibilités, je l'affirme: vouloir y foncer un puits à drains rayonnants ce sera " à pleine poignée jeté son argent par la fenêtre". Qu'on en juge -Le coût d'un nouveau forage fut estimé à 72 000 € le 30 juin 2005. -Le puit à drains rayonnants est présenté en février 2008 pour un coût première tranche de 184 951€. - Ne voilà-t-il pas que le coût de l'opération est successivement annoncé ce 6 février 2009 à 350 000 € et ce 30 juin à 570 000 €, non compris apparemment les honoraires de maîtrise d'œuvre et de conduite d'opération portées au programme de travaux 2009 pour 50 000 €, non compris aussi "l'unité de traitement de l'arsenic" que la société Antea suggère "compte tenu de la teneur en arsenic de l'aquifère". Quid de cette unité de traitement? Approfondir le problème serait peut-être souhaitable pour savoir l'ampleur de la dépense dans laquelle le SIAEP s'engage. De proche en proche, où nous emmène-t-on ? Avant d'engager une opération d'un tel montant et aussi aléatoire, n'est-il pas de bon sens que son intérêt soit testé? Or ce peut être fait à peu de frais. Un forage de recherche existe à proximité de l'emplacement du puits à drains.projeté. Comme proposé aux membres du Syndicat ce 12 janvier 2010, la démarche suivante pourrait être envisagée: 1-Rééquiper le forage d'essai et le raccorder à l'usine. 2-Ce forage d'essai, le mettre en service. 3-En rester au stade de ce forage d'essai équipé tant que nécessaire pour être certain que la nappe peut supporter six mois durant de ne pas être réalimentée par la boire de la Ciretterie. 4-En fonction du résultat, décider ou non de réaliser le puits à drains.
Une étude de conclusion discutable
À suivre le registre des délibérations, le puits à drains rayonnants fut décidé le 6 février 2009 sur "proposition" de l'ingénieur de la DDAF après présentation par ses soins de l'étude de la société ANTEA préconisant cette solution plutôt que celle d'un forage du type de ceux en service. Argument majeur: l'ouvrage doit durer 50 ans. Lui ou son administration cautionnent-t-ils cette promesse? Bien évidemment non.
Or, à consulter l'étude ANTEA, on s'aperçoit que ses conclusions auraient mérité de faire l'objet d'une réflexion responsable. Il y est en effet avancé que "d'un investissement initial plus élevé la solution du puits à drains rayonnants est en revanche moins onéreuse avec le temps. La durée de vie de ces ouvrages est au moins de 50 ans. La régénération des drains ou le fonçage de nouveaux drains sont plus économiques que la régénération ou la réfection d'un forage vertical.
Que le syndicat ait accepté sans broncher une telle argumentation laisse pantois: Eh quoi ! N'est-ce pas lui qui, durant l'été 2006, a fait réaliser de toute urgence un forage vertical dont le coût fut annoncé en comité syndical du 17 février 2007 pour 17.114 € TTC? Que, tous équipements inclus, un tel forage puisse revenir à 50 000 euros, on veut bien le croire. Qu'exploitant trois semblables forages le syndicat ait régulièrement à les rénover ou à les remplacer à une cadence d'un tous les dix ou quinze ans, on veut bien le croire aussi. Mais à court et moyen terme ce sera au plus 100 000 euros que le recours à cette technique rendra nécessaire, et, à échéance de 50 ans, au plus 250 000. On est loin, bien loin des 630 000 euros que le syndicat se propose de dépenser dès aujourd'hui pour un puits à drains d'un rendement très incertain.
Quant à l'argument de la régénération des drains ou le fonçage de nouveaux drains plus économique que la régénération ou la réfection d'un forage vertical, il est particulièrement spécieux en supposant qu'il soit vrai, ce qui est loin d'être prouvé. En effet, pour régénérer des drains ou en foncer de nouveaux, il faut mettre hors service le puits. Le syndicat n'ayant plus qu'un unique puits, il ne pourra que chercher son eau auprès d'Angers-Loire-Métropole? Mais s'il le fait occasionnellement, pourquoi ne pas le ferait-il pas d'une façon permanente ?
Un coût prohibitif...pour un résultat doublement problématique
Le puits à drains s'accompagnant d'une mise hors service des forages existants, on peut être assuré qu'il donnera de l'eau, mais est-ce que ce sera en des volumes suffisants en regard des besoins en période sèche et de fortes chaleurs à l'horizon 2020 ou 2030? C'est nullement certain, si incertain même qu'envisageant la possibilité d'un échec, la société ANTEA termine ainsi son rapport: "Il est rappelé que les résultats de la reconnaissance s'appuient sur un échantillonnage et que ce dispositif ne permet pas de lever la totalité des aléas liés à l'hétérogénéité du milieu naturel ou artificiel étudié. La prestation a été réalisée à partir d'informations extérieures non garanties par ANTEA ; sa responsabilité ne saurait être engagée en la matière".
Pour qui a participé à la découverte de la nappe actuellement exploitée, la réserve de la société ANTEA concernant l'hétérogénéité du milieu naturel est à prendre très au sérieux : dans le temps jadis des forages ont été tentés au plan d'eau, à la boire Pelisse, au droit de l'usine de traitement et en bord de Loire, tous se sont révélés sans intérêt. Le fait est là: en période d'étiage de la Loire la nappe n'est pas réalimentée
Ainsi donc, pour 630 000 € HT soit 750 000 TTC, le syndicat se prépare à réaliser un puits qui ne rendra pas le service attendu, savoir au premier chef préserver le syndicat d'une pénurie d'eau en période de fortes chaleurs . C'est cher payé pour un tel résultat.
De plus c'est cher payé même si mes pronostics ne sont pas confirmés . En effet le syndicat ayant importé 11 861 m3 d'eau en 2008, c'est dire que le puits projeté n'a actuellement d'utilité que pour 10 000 ou 20 000 m3 chaque année. Finalement, traitement, pertes en ligne et subventions prises en compte, un prix de revient probable du m3 rendu à l'abonné de l'ordre de 4 ou 5 euros. Est-ce justifié alors que le syndicat voisin peut fournir de l'eau à un prix de l'ordre de 2 euros ?
Enfin ultime donnée qui mériterait d'être prise en considération : la qualité de l'eau de la nappe. D'année en année elle se dégrade en période de forte demande en eau et de faible productivité des ouvrages. Sur ce point notre référence est le rapport de la DDASS sur la qualité de l'eau sur le SIAEP du Layon en 2008. Il y est écrit: "En 2008 l'eau du SIAEP du Layon a été non conforme, pendant trois semaines environ, aux limites de qualité de la réglementation pour les paramètres pesticides (métaldéhyde). Il s'agissait de l'alimentation à partir de l'usine de Rochefort sur Loire"
La situation étant celle ci-dessus décrite, ce ne serait pas une erreur mais une faute que d'investir lourdement sur les installations de production de Rochefort. Qu'un puits soit foré du type de ceux en service ne peut qu'être bon, pour le reste le Syndicat doit compter sur l'eau d’Angers-Loire-Métropole, via son interconnexion avec le SIAEP du Louet. Le Syndicat y gagnera, ses abonnés aussi. Gros inconvénient il est vrai : pas ou peu d’honoraires pour le conseiller technique juge et partie
Une interconnexion mal financée.
Comme je le préconisais par une lettre du 12 août 2006, le conseil syndical en sa réunion du 30 octobre suivant, décidait d’assurer la sécurité de son service par une interconnexion de son réseau avec celui du SIAEP du Louet. Le coût de l’opération était évalué à 1 300 000 € avec subvention de 30% par le Conseil Général et de 20% par l’Agence de Bassin. Incluait-il les honoraires de la DDAF ? Qu'en fut-il pour finir ? À qui le veut de se renseigner. L’important est que l’ouvrage fut réalisé en 2007 mais qu’il ne fut pas question de demander une quelconque participation au Syndicat du Louet, le SIAEP du Layon poussant même la générosité jusqu’à décider, sur préconisation de la DDAF, de construire gracieusement une station de pompage pour être en mesure de le réalimenter. Il fallut que le préfet soit saisi pour qu’une participation, minime, soit demandée. Or ce SIAEP du Louet, lui aussi, avait intérêt à l’opération, non pas seulement sous l’angle de la sécurité de sa distribution, aussi sous l’angle du coût de ses approvisionnements. Une délibération du 3 octobre 2007 explique ce qu’il en est. Se raccorder au SIAEP du Layon lui permet d’acheter une bonne part de son eau moins cher qu’auprès de l’Agglomération d’Angers, son fournisseur habituel : 105 000 m3/an pour une consommation interne d'envirom 250 000.. En la situation, pour le SIAEP du Layon ne pas demander de participation au SIAEP du Louet, est-ce de la bonne gestion? Au lecteur d’apprécier, d’apprécier aussi si, deux syndicats distincts sont justifiés pour des consommation de 250 000 ou 350 000 m3/an.
Une usine d'eau d'intérêt "douteux"
"De proche en proche, où nous emmène-t-on ?", avons-nous écrit à l'analyse de l'intérêt du projet de puits à drains rayonnants en constatant que la société ANTEA suggérait une unité de traitement spécifique pour tenir compte de la teneur en arsenic de l'aquifère". "Quid de cette unité de traitement?", ajoutions-nous.
La réponse, une délibération syndicale du 5 novembre 2009 vient de la donner: "Mr Thareau, président du SIAEP, fait connaître que la station de traitement de la Chapelle est vieillissante et nécessite des travaux. Elle se situe également en zone inondable. Aussi la réflexion a été menée d'envisager la construction d'une nouvelle station hors zone inondable avec une réserve pour pallier à l'abandon du projet de château d'eau. Un terrain a été repéré entre le Pic Martin et le réservoir de Bellevue. Contact doit être pris avec les propriétaires. La surface minimum à acquérir est d'environ 5 000 m2."
Ainsi on recommence le coup du château d'eau de Bellevue. L'usine projetée sera probablement d'un coût initial de 1 000 000 € et final de 1 500 000 (inclus honoraires il faut l'espérer). On s'y engage sans réelle étude préalable. Pourtant, en toute logique de bonne gestion (mais qui s'intéresse à la bonne gestion?), l'opportunité de se lancer dans une telle opération mériterait d'être examinée pour le moins sous deux aspects, celui des motifs invoqués et celui du coût des diverses options possibles.
Deux motifs sont invoqués, l'un la station nécessite des travaux, l'autre elle est en zone inondable. Le premier est réel, mais d'après notre enquête plus par un manque d'entretien, des étanchéités seraient à refaire dont nulle ne se préoccupe, que pour la raison verbalement invoquée d'un affaissement d'installations. Que diantre! Des étanchéités de bassins, ce n'est pas la mer à boire. Quant à l'affaissement il ne concerne pas des installations vitales mais des remblais extérieurs principalement. L'invoquer, c'est vouloir faire "prendre des vessies pour des lanternes"! Quant à la situation de l'usine en zone inondable, en faire un argument c'est oublier qu'en ce secteur de Rochefort l'inondation est si peu un problème majeur que de nombreuses maisons y existent depuis des siècles, que toutes sont habitées, que la station de traitement y fut implantée en en tenant compte, enfin qu'elle a parfaitement remplie son office pendant les hautes eaux de 1982 alors qu'il n'y avait pas le secours d'une interconnexion.
Trois options sont possibles face à la situation décrite. Toutes trois sont à étudier attentivement avant qu'une décision soit prise et des contacts pris pour acquérir un terrain qui, plus est, se trouve à l'intérieur du périmètre classé de la Corniche Angevine.
-La première option porte bien entendu sur l'usine existante. Il faut chiffrer, approximativement et poste par poste, le coût de sa remise à niveau.
-La deuxième porte sur la nouvelle usine projetée. Est-elle compatible avec le site? Combien coûtera-t-elle, y inclus tous raccordements et honoraires.
-La troisième enfin est de recourir en tout ou en partie à l'eau produite à l'usine des Ponts de Cé par Angers-Loire-Métropole. Certes apparemment cette eau est chère, très chère : 75% du tarif "abonnés domestiques" soit en 2010: 75% de 0,97 ou 0,7275 €, inclus apparemment toute redevance prélèvement de l'Agence de Bassin. L'eau du SIAEP revient nettement moins cher, du moins à se référer au prix où elle est vendue en gros en 2010, soit 0,5546 € se ventilant : exploitant 0,2819, collectivité 0,22, redevance Agence 0,0527. Apparemment donc un surcoût de 0,1729 € par m3 si le SIAEP abandonnait totalement sa station de traitement, soit encore sur la base du volume produit de 500 000 m3 de 2009, annuellement quelque 86 000 euros. Or, en première approche, dans l'hypothèse où le syndicat reconstruit son usine et rénove ses forages, ce sera, moyennant subvention quelque 1 200 000 € qu'il lui faudra emprunter soit à 3,5% sur 25 ans une annuité de 106 960 €. La différence est de 20 960 euros. Ce n'est déjà pas négligeable. En effet elle peut être plus importante encore si le syndicat négocie bien avec Angers-Loire-Métropole qui fournit en gros à des tarifs fixés par convention.
Pour le SIAEP les bases de négociation ne manquent pas, savoir
-primo : Aux services voirie, espaces verts et piscines des communes de l'Agglo le m3 est facturé 0,50 € ; on ne voit pas pourquoi le SIAEP ne bénéficierait pas du même tarif.
- secundo : Angers-Loire-Métropole est intéressé financièrement à ce que le SIAEP lui achète de l'eau, car son usine qui produit en pointe estivale au plus 70 000 ou 80 000 m3/jour, est d'une capacité de 120 000 m3/jour Fournir en ces jours-là 2400 m3 /jour de plus ne lui sera pas un problème. Quant à bouder 500 000 m3 de vente annuelle supplémentaire, ce ne saurait être dans la logique d'un service industriel et commercial qui a des investissements à amortir.
Dernier point méritant réflexion : se trouvera-t-il une collectivité territoriale ou une Agence de Bassin qui acceptera de subventionner des équipements de production et de traitement alors qu'une usine proche peut fournir avec des capacités de stockage qui rendent inutile un renforcement de celles du SIAEP de la région du Layon ?
Notre conclusion: préalablement à tout engagement de dépenses étudier les tenants et aboutissants des diverses options possibles, d'une façon globale et non petit bout par petit bout, un jour le forage du puits, un autre son équipement et ses raccordements électrique et hydraulique, un troisième l'achat du terrain de l'usine, un quatrième....en n'oubliant pas non plus frais d'étude et honoraires.
Du nouveau sous le ciel ?
En cet automne 2010, il y a, semble-t-il, du nouveau. Les choses évolueraient-elles dans le bon sens ? On peut l'espérer, du moins de la part du Conseil Général de Maine et Loire, à se référer entre autres à une délibération du Comité Syndical du SIAEP de ce 9 septembre 2010 :
"Suite à un projet de convention du Conseil Général relative à la mise en œuvre et au fonctionnement du réseau départemental de suivi des ressources souterraines en eau potable, le Comité -sollicite un complément d'information, -souhaite attendre le résultat du schéma départemental d'alimentation en eau.
La lecture du document montre que le Conseil Général propose au SIAEP de s'obliger à gérer ses puisages en respectant des contraintes du genre installation de piézomètre ou encore relevés périodiques. En contrepartie, pour la gestion de sa ressource en eau, ce même Conseil Général apporterait un concours qualifié, le cas échéant en tenant compte des puisages par ailleurs effectués.
A priori le SIAEP a tout intérêt à accepter. Les contraintes proposées ne sont que de bonne gestion. Quant à être aidé dans la gestion de la ressource, pourquoi le refuserait-on alors qu'on est petit et sans grands moyens ?
Quant au schéma départemental d'alimentation en eau dont fait état la délibération du Comité Syndical, sans doute s'agit-il d'une actualisation de celui de 2007. Nous usagers ne pouvons que nous en réjouir tant, à l'expérience, le besoin s'en faisait sentir.
Michel Nouaille-Degorce |
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Les "hauts faits" du SIAEP du LAYON |